....Je ne suis qu'une grosse éponge à moitié usée et décolorée avec les années. L'éponge absorbe toute l'eau qu'elle trouve sur son chemin, tout est propre après son passage. Mais avec le temps, elle se remplit de plus en plus jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus rien absorber, elle est saturée. À partir de cet instant, une simple pression sur elle lui fait déverser quelques malheureuses gouttes de son chagrin. Seulement, à chaque nouvelle précision, elle ne laisse couler que ce qui est superflu, sans jamais vraiment réussir à ce vider. Cette eau en elle la rend extrêmement lourde, dénuée d'utilité et de sens. Il faut la vider d'une simple et seule pression, assez forte, qui exorcisera toutes ses émotions. Au fil du temps, l'eau commence à la ronger de l'intérieur, mais ne parviens toujours pas à être évacuée. Seule dans son coin, personne ne viendra la libérer de ce fardeau qui fait partie d'elle. Même si un jour ce poison sortira de ces entrailles, elle ne sera jamais sèche comme elle l'a un jour été, avant d'avoir été utilisée. Une éponge est toujours mouillée, peu importe le nombre de fois qu'on la tord, peu importe dans quel sens, il y a toujours de l'eau à l'intérieur. Contrairement à toute attente l'éponge continue de vivre, attendant d'être sauvée. Je suis une éponge.





